Monthly Archives: septembre 2019

Le Rêveur de la forêt au musée Zadkine

Espace de liberté ou d’ensauvagement, « la lisière » de la forêt représente l’une des frontières physiques et symboliques du monde civilisé. Les artistes de la modernité – le sculpteur cubiste Ossip Zadkine notamment – ne cessent de franchir ce seuil en quête de renouveau, fascinés autant par le « modèle » de la nature sauvage que par l’exemple des « primitifs » : formes brutes et expressives des arts extra-occidentaux, formes archaïques, arts populaires, art brut. Chez Zadkine, ces influences croisées se retrouvent des Vendanges (1918) à ses « totems » de bois encore tout empreints de leur histoire végétale. Son enfance russe s’y lit en filigrane, comme chez Natalia Gontcharova : la forêt y révèle une infinie puissance d’invention de récits et de formes.

L’exposition « Le Rêveur de la forêt » organisée au musée Zadkine à Paris (100bis rue d’Assas, Paris 6ème, du 27 septembre 2019 au 23 février 2020) se propose ainsi d’éclairer de manière inédite l’oeuvre d’Ossip Zadkine en la confrontant à celles d’autres artistes. Grâce à des prêts exceptionnels, une centaine d’oeuvres d’Apollinaire, Jean Arp, Joseph Beuys, Munch, Picasso et bien d’autres encore dialoguent avec celles d’Ossip Zadkine. Un bon prétexte pour (re)visiter le musée Zadkine, par exemple samedi 3 octobre 2019 jusqu’à 23h dans le cadre de la Nuit des Musées?

Ossip Zadkine, Les vendanges (1918)

Rétrospective Kira Mouratova à la Cinémathèque

Figure marquante du cinéma soviétique et postsoviétique des années 1960 jusqu’au XXIe siècle, Kira Mouratova (née Korotkova) fait partie des cinéastes les plus censurés de la période de la stagnation soviétique. Elle réussit pourtant à résister dans des contextes aussi divers que difficiles, traverse la fin de l’ère soviétique, l’entre-deux de la perestroïka puis les premières décennies post-soviétiques et l’effondrement de l’industrie cinématographique. Ses derniers films sont produits avec le soutien du ministère de la culture d’Ukraine.

Disparue en juin 2018, elle aura ainsi réalisé, en 45 ans, seize longs métrages et quatre courts. Ses films ont su poser un regard intransigeant sur le monde contemporain, décrivant le système administratif soviétique dans une petite ville de province (Brèves rencontres, 1967), la société de consommation dans sa folie et sa cruauté (Mélodie pour orgue de Barbarie, 2009), ou la crise existentielle de la perestroïka (Le Syndrome asthénique, 1989). Kira Mouratova installe une tension permanente entre réel et théâtralité. Fascinée par la frontalité du théâtre, elle travaille la performance de ses acteurs, qu’elle compare volontiers, pour le rythme et la sonorité, à des airs d’opéra. En même temps, la cinéaste aime improviser et travailler avec la matière du réel, ou ce qu’elle appelle « la résistance du réel », en confrontant, entre autres, acteurs professionnels et non professionnels. Autres motifs récurrents de l’oeuvre mouratovienne : la reprise et la répétition, comme dans son tout dernier film, L’Éternel retour (2012), où un producteur projette des rushes d’un film inachevé et où la même scène est rejouée par divers acteurs, laissant le spectateur savourer variations et répétitions ad libitum – puisque le film n’est pas fini et ne le sera jamais.

Célèbre en Russie, Kira Mouratova est méconnue en France. La Cinémathèque (51 rue de Bercy, 75012) propose une rétrospective des films de Kira Mouratova du 25 septembre au 20 octobre 2019. Avec le 26 septembre 2019 « Qui êtes vous… Kira Mouratova? » , une conférence d’Eugénie Zvonkine, maître de conférences en cinéma à l’université Paris 8. Une excellente occasion de découvrir cette réalisatrice sans concession!

Infos détaillées sur le site de la Cinémathèque.

Visuel tiré du film Citoyens de deuxième classe

Tournée du théâtre Vakhtangov de Moscou

Une des plus grandes institutions théâtrales de Russie fait escale à Paris dans le cadre de sa tournée centenaire. Fondé en 1921 rue de l’Arbat à Moscou, le Théâtre Vakhtangov est resté synonyme d’excellence dans son interprétation des grands classiques russes et autres.

Sous la direction artistique du lituanien Rimas Tuminas, le Théâtre Vakhtangov propose au Théâtre Marigny à Paris Eugène Onéguine (du 20 au 26 septembre 2019) suivi de Oncle Vania (du 27 septembre au 3 octobre 2019). Notez qu’Eugène Onéguine est ici interprété comme une pièce de théâtre et non comme l’opéra auquel nous sommes habitués!

En tout 12 représentations à ne pas manquer. Informations et billets sur le site du Théâtre Marigny.


Activités musicales et culturelles avec le Centre Artima

Le Centre Culturel Franco-Russe « ArtimA » à été créé par Maria Christiany, née Tchouvakhina, violoniste-concertiste, musicologue, titulaire du Certificat d’Aptitude (CA) aux fonctions de professeur de musique (CNSM de Paris), diplômée du Conservatoire Tchaïkovski à Moscou.

Centre ArtimA propose une vaste gamme d’activités musicales, artistiques et linguistiques : musique sous toutes les formes, dessin-peinture, ainsi que des cours de langues (français et anglais, russe pour les enfants même les tout-petits). Les professeurs du Centre ArtimA sont des professionnels avec une riche expérience, diplômés des établissements supérieurs de l’ex-Union Soviétique, donc issus de la fameuse « Ecole Russe ». Leur but est également de mettre en place des projets, des concerts, des représentations culturelles, ainsi que des rencontres permettant de mieux connaître la Russie pour mieux l’apprécier.
Pour plus d’information n’hésitez pas à les contacter: 06 40 11 18 47 ou 06 84 11 07 86
Mail: centreartima@gmail.com
Adresse:17, rue Bleue, 75009 (métro Cadet, ligne 7 ou Bonne Nouvelle, ligne 8, 9)
Les inscriptions pour l’année 2019-2020 sont ouvertes !