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Rétrospective Kira Mouratova à la Cinémathèque

Figure marquante du cinéma soviétique et postsoviétique des années 1960 jusqu’au XXIe siècle, Kira Mouratova (née Korotkova) fait partie des cinéastes les plus censurés de la période de la stagnation soviétique. Elle réussit pourtant à résister dans des contextes aussi divers que difficiles, traverse la fin de l’ère soviétique, l’entre-deux de la perestroïka puis les premières décennies post-soviétiques et l’effondrement de l’industrie cinématographique. Ses derniers films sont produits avec le soutien du ministère de la culture d’Ukraine.

Disparue en juin 2018, elle aura ainsi réalisé, en 45 ans, seize longs métrages et quatre courts. Ses films ont su poser un regard intransigeant sur le monde contemporain, décrivant le système administratif soviétique dans une petite ville de province (Brèves rencontres, 1967), la société de consommation dans sa folie et sa cruauté (Mélodie pour orgue de Barbarie, 2009), ou la crise existentielle de la perestroïka (Le Syndrome asthénique, 1989). Kira Mouratova installe une tension permanente entre réel et théâtralité. Fascinée par la frontalité du théâtre, elle travaille la performance de ses acteurs, qu’elle compare volontiers, pour le rythme et la sonorité, à des airs d’opéra. En même temps, la cinéaste aime improviser et travailler avec la matière du réel, ou ce qu’elle appelle « la résistance du réel », en confrontant, entre autres, acteurs professionnels et non professionnels. Autres motifs récurrents de l’oeuvre mouratovienne : la reprise et la répétition, comme dans son tout dernier film, L’Éternel retour (2012), où un producteur projette des rushes d’un film inachevé et où la même scène est rejouée par divers acteurs, laissant le spectateur savourer variations et répétitions ad libitum – puisque le film n’est pas fini et ne le sera jamais.

Célèbre en Russie, Kira Mouratova est méconnue en France. La Cinémathèque (51 rue de Bercy, 75012) propose une rétrospective des films de Kira Mouratova du 25 septembre au 20 octobre 2019. Avec le 26 septembre 2019 « Qui êtes vous… Kira Mouratova? » , une conférence d’Eugénie Zvonkine, maître de conférences en cinéma à l’université Paris 8. Une excellente occasion de découvrir cette réalisatrice sans concession!

Infos détaillées sur le site de la Cinémathèque.

Visuel tiré du film Citoyens de deuxième classe

Tournée du théâtre Vakhtangov de Moscou

Une des plus grandes institutions théâtrales de Russie fait escale à Paris dans le cadre de sa tournée centenaire. Fondé en 1921 rue de l’Arbat à Moscou, le Théâtre Vakhtangov est resté synonyme d’excellence dans son interprétation des grands classiques russes et autres.

Sous la direction artistique du lituanien Rimas Tuminas, le Théâtre Vakhtangov propose au Théâtre Marigny à Paris Eugène Onéguine (du 20 au 26 septembre 2019) suivi de Oncle Vania (du 27 septembre au 3 octobre 2019). Notez qu’Eugène Onéguine est ici interprété comme une pièce de théâtre et non comme l’opéra auquel nous sommes habitués!

En tout 12 représentations à ne pas manquer. Informations et billets sur le site du Théâtre Marigny.


Activités musicales et culturelles avec le Centre Artima

Le Centre Culturel Franco-Russe « ArtimA » à été créé par Maria Christiany, née Tchouvakhina, violoniste-concertiste, musicologue, titulaire du Certificat d’Aptitude (CA) aux fonctions de professeur de musique (CNSM de Paris), diplômée du Conservatoire Tchaïkovski à Moscou.

Centre ArtimA propose une vaste gamme d’activités musicales, artistiques et linguistiques : musique sous toutes les formes, dessin-peinture, ainsi que des cours de langues (français et anglais, russe pour les enfants même les tout-petits). Les professeurs du Centre ArtimA sont des professionnels avec une riche expérience, diplômés des établissements supérieurs de l’ex-Union Soviétique, donc issus de la fameuse « Ecole Russe ». Leur but est également de mettre en place des projets, des concerts, des représentations culturelles, ainsi que des rencontres permettant de mieux connaître la Russie pour mieux l’apprécier.
Pour plus d’information n’hésitez pas à les contacter: 06 40 11 18 47 ou 06 84 11 07 86
Mail: centreartima@gmail.com
Adresse:17, rue Bleue, 75009 (métro Cadet, ligne 7 ou Bonne Nouvelle, ligne 8, 9)
Les inscriptions pour l’année 2019-2020 sont ouvertes !

Fête de fin d’année 2018-2019

Gros succès d’affluence pour notre traditionnelle fête de fin d’année ce vendredi 14 juin 2019! Heureusement, une météo clémente nous a permis d’envahir la cour du centre pour profiter des spectacles: saynètes de théâtre (Tchekhov) et chants interprétés par nos élèves sous la houlette de notre directrice artistique Tatiana, et un concert de la chanteuse populaire Veronyka Bulytcheva pour conclure. Et pour nourrir les discussions, le traditionnel buffet russe: pirojki (5 variétés: miaso, iaïtso, kartochka, kapousta et gribi), seliotka, salade vinaigriet, kolbasa, ogourtsi (solionii et frais), avec bière, vin moldave, kvas et vodka à volonté!

Merci à tous pour votre bonne humeur, bel été et rendez-vous début octobre pour une nouvelle année ensemble!

Fête 2019 du Centre de Langue Russe de Paris: concert de Veronyka Bulytcheva

Carte Blanche à Pétia Iourtchenko

Le Théâtre de Paris (15 rue Blanche, 75009) présente le 17 juin à 20h30 Carte Blanche à Pétia Iourtchenko, masterclass présentée par le fondateur de la troupe Romano Atmo. Il s’agit en fait d’une soirée entièrement dédiée à la danse tzigane et à la culture russe. Et après la représentation, un repas traditionnel russe – préparé par le bistro le Zakouski – sera servi aux spectateurs dans le hall du Théâtre, sur réservation.

Pétia Iourtchenko est né à Donetzk en 1957, dans la tribu des «Vlach». À l’âge de 16 ans, il passe le concours du prestigieux «Théâtre Romen» de Moscou. Il devient alors le plus jeune comédien, danseur, chanteur dans l’histoire du théâtre. Il se forme parallèlement à l’institut «Gnesenski», où il étudie l’art dramatique, la danse, le chant et l’histoire de l’art. Pétia se produit dans toute la Russie, ainsi qu’à l’étranger.

Prix du spectacle: de 23€ à 43€ (repas en option à 28€, voir le menu sur le site du théâtre). Nos élèves bénéficient d’une réduction de 15% sur le spectacle en cas d’achat groupé (plus de 3 billets) ICI ou en réservant par téléphone au 01 48 74 25 37 .

Du Gabon à la Russie avec Jann Halexander & Veronika Bulycheva

Veronyka Bulycheva, chanteuse, guitariste et compositeur russe, est bien connue de nos anciens pour avoir égayé notre fête de fin d’année il y a quelque temps. Bis repetita placent: elle reviendra cette année pour notre fête de fin d’année le 14 juin 2019 avec un nouveau répertoire et de nouveaux musiciens.

En attendant, elle se produit le 16 mai avec l’artiste Jann Halexander au piano dans un spectacle-concert en binôme Urgence de vous – Du Gabon à la Russie.

Les deux sont musiciens auteurs compositeurs et interprètes, chacun a son parcours original : ils présentent et mélangent leurs univers personnels à travers leurs chansons et des dialogues poignants.
On se retrouve en face de polémiques actuelles autours des clichés et des préjugés liés à leurs pays d’origine : être biculturel est une fragilité et force à la fois. Ils vous invitent à voguer sur deux rives d’un seul fleuve nommé ‘humanité’ !

Le spectacle a lieu le jeudi 16 mai 2019 à 21h15 au bateau théâtre « Le Nez Rouge » Face au 13 Quai de l’Oise, 75019 Paris, Bassin de la Villette.

Réservations au 01 42 00 71 99. Mentionnez que vous êtes élève du Centre de Langue Russe, et vous bénéficierez d’un tarif réduit à 10€ (au lieu de 15€)!

L’Aviateur d’Evgueni Vodolazkine

Philologue et spécialiste de littérature russe ancienne, Evgueni Vodolazkine est aussi un écrivain contemporain réputé. Son avant-dernier roman (2016) vient de paraître en traduction française sous le titre L’Aviateur (Editions des Syrtes) et suscite l’enthousiasme des critiques littéraires. Son héros né en 1900 et déporté à l’âge de 20 ans dans le bagne des îles Solovski dans le grand nord de la Russie y est cryogénisé… et se réveille en 1999 pour redécouvrir lentement ses souvenirs et s’adapter à sa nouvelle époque.

Pour le lecteur russe, c’est un roman philosophique qui sort de l’ordinaire, envoûtant, poétique et triste qui permet aussi de découvrir à travers la vie du personnage la Russie soviétique des années 20.

Création théâtrale aux Déchargeurs autour de Marina Tsvetaeva

Poétesse lyrique au destin tragique, Marina Tsvetaeva (1892-1941) n’a pas écrit pour le théâtre. Céline Pitault, interprète et adaptatrice, a eu l’idée de « faire entendre sur scène cette voix dissidente: tous ces mots de son intimité qui relatent son rapport dès son plus jeune âge à l’art, l’influence de ses parents, sa souffrance mais aussi toute sa joie devant la vie qu’elle désirait brûlante. De son enfance, je suis arrivée à son lien à ses propres enfants. À tout cet amour et à tout ce poids qui l’empêchaient d’écrire. À la frustration qui en principe ne se dit pas mais qui là, se crie. »

Céline Pitault a ainsi écrit Celle qui revient là, celui qui la regarde, texte français adapté en partant du très beau livre Vivre dans le feu ainsi que des recueils de poème Le ciel brûle (édition Gallimard) et Poésie
lyrique
(1912-1941) (Editions des Syrtes). Le metteur en scène Ludovic Longelin en a tiré une pièce en 7 « mouvements »(durée: 1h15) où Céline Pitault interprète Marina Tsvetaeva et Renaud Hézèques son fils.

Celle qui revient là, celui qui la regarde est à écouter et voir au Théâtre des Déchargeurs (3 rue des Déchargeurs, 75001, métro Châtelet) jusqu’au 27 avril 2019, les mardi, mercredi, jeudi, vendredi et samedi à 21h30.

Renseignements et réservations sur le site du théâtre.

Concert de soutien aux travaux de la Colline Saint-Serge

Certains connaissent peut-être la Colline Saint Serge juste en retrait de la rue de Crimée dans le XIXème? Un lieu charmant, hors du temps, où trône sur une butte l’église orthodoxe Saint Serge tenue par l’Institut de Théologie Orthodoxe. Justement, l’Institut doit faire face à d’importants travaux de consolidation des fondations de la Colline Saint Serge. Depuis 2 ans, un programme de travaux a été établi pour préserver et remettre en état les bâtiments de la colline. 2 tranches de travaux ont déjà été effectuées (rénovation du réseau de drainage des eaux pluviales autour de l’église et en aval / restauration du toit terrasse du bâtiment des étudiants). Cette année, un ambitieux programme de restauration des chambres des étudiants sera entrepris, pour permettre le retour des étudiants sur la colline Saint Serge dans de bien meilleures conditions qu’auparavant.

L’Institut a donc décidé d’organiser un concert de soutien le dimanche 14 Avril 2019 à 15 h 00 pour collecter des fonds pour aider à la réalisation de ces travaux. Au programme:

Présentation du roman La Révolution des cierges (Editions Gallimard) par l’auteur Olga LOSSKY, avec les commentaires d’Anne PHILIPPENKO, iconographe. Ce roman décrit la lutte d’un moine pour terminer son icône en 1917 malgré les troubles suivant la Révolution.

Concert d’œuvres de Prokofiev, Scriabine, et Rachmaninov interprétées au piano par Elizabeth FROLOVA

Participation 12 €. Bien entendu il n’est pas interdit de donner plus ! Entrée par le 14 bis rue Meynadier ou le 93 rue de Crimée à Paris 19e; Métro : Laumière; Bus n° 75 – 60 et 48 – arrêt Mairie du 19ème

Carnets de guerre par Nikolaï Nikouline

Voilà un livre qui tranche sur les récits héroïques de la victorieuse confrontation de l’Armée Rouge avec la Wehrmacht. Engagé volontaire en 1941, Nikolaï Nikouline (1924-2009) a survécu à la guerre malgré l’âpreté des combats auxquels il a participé jusqu’à la bataille de Berlin en mai 1945. Il en est revenu traumatisé, au point d’écrire en cachette ses Carnets de guerre en 1975 comme une catharsis, pas du tout pour les publier.

Pas d’épopée ici, pour Nikolaï Nikouline « la guerre est ce que l’humanité a produit de plus dégradant et de plus ignoble ». Il en détaille donc les turpitudes et les monstruosités à la manière de Henri Barbusse celles de la Grande Guerre dans Le Feu, le lyrisme et l’espoir en moins.

Poussé par ses proches, il autorise la publication de ces Carnets en 2007, et leur liberté de ton émeut le public russe. Les voici enfin traduits et publiés en français aux Arènes.

Les Carnets de guerre, Nikolaï Nikouline, 350 pages, 24,80€, Les Arènes