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Ilya Riépine au Petit Palais

L’automne fait la part belle à la culture russe classique. Il y a bien sûr la collection Morozov à la fondation Louis Vuitton (nous vous en reparlerons bientôt). Et au Petit Palais, jusqu’au 23 janvier 2022, la première rétrospective française
consacrée à Ilya Répine (1844-1930). Considéré comme le plus grand peintre russe du XIXème siècle, Ilya Répine peint de façon très réaliste aussi bien des portraits de grands de ce monde (Tolstoï, Moussorgsky, etc.) que des scènes de genre qui assoiront sa notoriété. Son tableau le plus connu, qui figure dans tous les manuels russes, est sans conteste Les Cosaques zaporogues écrivant une lettre au sultan de Turquie (1880-1891):

Devenu professeur à l’Académie impériale des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg, Ilya Répine prend sa retraite dans sa maison de Kuokalla (aujourd’hui Repino) devenue finlandaise en 1918. Ayant la sagesse de résister aux avances du régime soviétique, il y mourra paisiblement en 1930.

L’exposition au Petit palais compte une centaine d’oeuvres prêtées par la galerie Tretiakov et le musée russe de Saint Petersbourg entre autres: de quoi retracer largement la vie et l’oeuvre d’un des plus grands artistes russes.

Infos et billets sur le site du Petit Palais

« La Peste » de Ludmila Oulitskaïa

La rentrée littéraire arrive, mais auparavant on vous ferait bien le rappel d’un petit livre paru ce printemps, le dernier de l’autrice bien connue Ludmila Oulitskaïa. A vrai dire il s’agit plus d’un scénario que d’un roman: Ludmila Oulitskaïa a écrit La Peste (Чума) en 1988 pour intégrer une école d’écriture de scénarii à Moscou. Et après le refus de l’école (« Nous n’avons rien à vous apprendre »), elle l’avait rangé… jusqu’à ce que l’épidémie de Covid la décide à le ressortir et le publier en 2020, avec une traduction française ce printemps 2021. La Peste raconte un fait véridique survenu en 1939 à Moscou: comment le NKVD a réussi à contenir une épidémie de peste accidentellement sortie d’un laboratoire en mettant en quarantaine tous les cas-contact. « Il s’agit sans doute du seul et unique cas où cette institution féroce et impitoyable a travaillé pour le bien de son peuple » commente Ludmila Oulitskaïa dans la postface.

L’intrigue linéaire, le nombre de personnages, ainsi que le style factuel et tout en phrases courtes et sèches tranche avec ses autres livres. On se régale néanmoins de la description presque sociologique que fait Ludmila Oulitskaïa de tout ce petit monde pris dans un tourbillon de panique . On réfléchit aussi à la gestion de cette épidémie par rapport au Covid. Et pour ceux qui ont un niveau de russe avancé (niveau B1.2 ou plus), Olga recommande de lire en parallèle la version russe (si vous arrivez à vous la procurer) avec la version française.

La Peste, Ludmila Oulitskaïa, Editions Gallimard,137 pages – prix: 14€

Festival du film russe à Paris 2021

Cette 7ème édition du film russe à Paris, du 28 juin au 6 juillet 2021, s’intitule « Quand les Russes nous bouleversent ». Et oui, le cinéma russe a de quoi nous bouleverser, films classiques comme cinéma contemporain, les deux étant à l’honneur dans ce festival du film russe.

D’abord ne manquez pas le dernier film d’Andreï Kontchalovski, Chers Camarades, au cinéma Le Balzac (75008) le mardi 29 juin à 19h et le dimanche 4 juillet à 19h (NB: le film sort aussi en salles le 1er septembre). Chers camarades, Prix spécial du jury à la dernière Mostra de Venise, se base sur des événements vrais et dissimulés pendant 30 ans : une grève en 1962 dans une usine de Novocherkassk (à côté de Rostov dans le sud de la Russie) sévèrement réprimée par l’armée et le KGB qui bouclent la ville et tirent sur les grévistes. L’héroïne principale, Lioudmila (l’actrice Yuliya Vysotskaya), fonctionnaire zélée du Parti, cherche sa fille disparue qui faisait partie des grévistes. Andreï Kontchalovski non seulement a tenu à recréer fidèlement l’ambiance de l’URSS d’alors, mais surtout expose les contradictions de l’âme humaine prise en tenailles. Celle de Lioudmila, stalinienne convaincue mais aussi mère désespérée par la tournure des évènements. Et celle de fonctionnaires du parti et de cadres du KGB, dépassés par cette grève inattendue et qui hésitent entre répression dure et préoccupations plus humaines. Magistral!

Andreï Kontchalovski Cher camarades

Et comme ce Festival du film russe rend hommage à Andreï Kontchalovski, pas moins de six de ses films sont à l’affiche, dont La romance des amoureux (1974 – le préféré d’Olga) et Sibériade (1978), ainsi que quatre films choisis par lui-même dont le classique Quand passent les cigognes (1957). Sans oublier une master class avec le Maître lui-même en visioconférence le samedi 3 juillet 2021.

La traditionnelle compétition pour le Grand Prix voit s’affronter cinq récents longs métrages d’auteur dont un film yakoute, L’épouvantail. Le blockbuster russe de l’année 2020, le thriller Texto de Kim Shipenko, sera quant à lui film de clôture de ce Festival du film russe. en présence de l’écrivain Dimitri Gloukhovski, scénariste du film et auteur des très connus romans de science-fiction Metro 2033 et Metro 2034.

Parmi les grands classiques, notons Esclave de l’amour (1975) de Nikita Mikhalkov, Moscou ne croit pas aux larmes (1979) de Vladimir Menchov et L’enfance d’Ivan (1962), premier film d’Andreï Tarkovski.

Programmation détaillée sur le site du Festival du film russe.

Akhmatova, l’opéra chez soi

L’Opéra national de Paris met en ligne l’opéra Akhmatova, dans une mise en scène de 2011 signée de son ancien directeur (2009-2014) Nicolas Joel, disparu il y a un an.

Pour cette création mondiale, consacrée à l’une des plus importantes poétesses russes du XXe siècle, l’Opéra passait commande au compositeur Bruno Mantovani et confiait le livret à Christophe Ghristi. L’opéra Akhmatova traite de la période la plus sombre de la vie d’Anna Akhmatova, celle qui se déroule sous le régime de Staline et qui est marquée, en particulier, par l’arrestation de son fils.

Retrouvez Akhmatova sur l’Opéra chez soi en accès gratuit du 18 au 25 juin ICI. Avec Janina Baechle dans le rôle d’Anna Akhmatova et Atilla Kiss-B dans celui de Lev Goumilev, mais aussi Lionel Peintre, Varduhi Abrahamyan, Valérie Condoluci et Christophe Dumaux.

Opéra en langue française, durée 2h05′ avec l’Orchestre et les Choeurs de l’Opéra national de Paris sous la direction de Pascal Rophé, chef des Chœurs Patrick-Marie Aubert.

Extrait de l'opéra Akhmatova à l'Opéra national de Paris avec Janina Baechle dans le rôle d'Anna Akhmatova
Extrait de l’opéra Akhmatova à l’Opéra national de Paris avec Janina Baechle dans le rôle d’Anna Akhmatova

Festival de musique classique d’Auvers-sur-Oise

Le renommé festival d’Auvers-sur-Oise fête ses 40 ans cette année. Et c’est l’occasion de voir nombre d’interprètes russes en action. Le célèbre pianiste Denis Matsuev y joue le 17 juin 2021 Haydn, Chopin, Liszt, Rachmaninov, Tchaïkovski, Prokofiev. La jeune (26 ans) surdouée du violoncelle Anastasia Kobekina y participe à la nuit des concertos (vendredi 18 juin 2021) et interprétera avec le pianiste Luka Okros le 3 juillet Stravinsky, Prokofiev, Rachmaninoff, Escaich… Le quatuor franco-russe Tchalik se produit le 20 juin 2021 avec des compositions de Beethoven, Reynaldo Hahn, Escaich. Et les amateurs de jazz apprécieront la venue le 2 juillet 2021 du Pamina Beroff Jazz Quartet.

Mais dépêchez-vous de réserver sur le site du festival: avec une jauge réduite, les billets partent vite. Pour les autres, notez que les concerts seront diffusés en direct sur la chaîne Youtube et la page Facebook du festival!

L’église Notre-Dame d’Auvers-sur-Oise aménagée pour les concerts du festival

« Leti », nouveau CD de chansons de Veronika Bulycheva

Trois ans après son dernier album Of the Ural, Veronika Bulycheva nous emmène au coeur d’un voyage exceptionnel du côté du Grand Ours. Baptisé Leti (Envole-toi), son nouvel album n’est autre qu’une ode à la vie et l’amour en chanson. La chanteuse, guitariste et compositrice a repris les vers de quelques uns des grands poètes russes contemporains, parmi lesquels Marina Kniazeva, Anna Senicheva et Igor Yakimenko, pour les adapter à ses compositions musicales originales. A l’occasion de ballades musicales aussi profondes que touchantes, Veronika Bulycheva fait donc la part belle à cette culture slave qui lui tient tant à coeur.
Pour l’accompagner dans cette quête artistique, l’artiste a su s’entourer de musiciens d’exception. Nous retrouvons Emek Evci à la contrebasse, Frédéric Jouhannet au violon et à l’alto, Julien Tekeyan à la batterie et à la percussion. Côté identité visuelle, la pochette de l’album est l’oeuvre de l’artiste peintre Cynthia Pedrosa.

Leti sort le 5 avril 2021sur les plateformes musicales. Le CD sera aussi disponible à l’achat sur son site (10€). Et pour le découvrir, rendez-vous le vendredi 2 avril 2021 à 19h sur sa chaine Youtube « Veronika Bulycheva » pour un concert en live-stream!

Le visuel de couverture du CD Leti de Veronika Bulycheva: une oeuvre de l’artiste peintre Cynthia Pedrosa

Journées du livre russe: rencontres en ligne

Deux rencontres plutôt qu’une cette année. A la mairie du 5ème, ce sera pour le prochain mois d’octobre (croisons les doigts…) avec en traditionnel point d’orgue la remise du Prix Russophonie de la meilleure traduction du russe vers le français. Mais le festival de février persiste avec cette année huit rencontres en ligne les 12 et 13 février 2021.

La table ronde « Guérison et vie éternelle dans Le Docteur Jivago » vendredi 12 février à 15h sera l’occasion d’une lecture bilingue des poèmes de Youri Jivago par Anatoli Béliy, acteur reconnu du Théâtre d’Art de Moscou et Marina Keltchewsky, comédienne française. Le projet Cinépoésie d’Anatoli Béliy sert d’ailleurs de fil rouge à ces Rencontres: en intermède entre les rencontres vous verrez des courts-métrages proposant de grands poèmes russes, de Pouchkine, Maïakovski, Tsvétaïeva, Essenine, Pasternak, Harms et d’autres, lus par des acteurs célèbres. Ces films sont sous-titrés en français. L’écrivain Evgueni Vodolazkine, valeur sûre de la littérature contemporaine russe, participera à la table ronde « Soigner les maux par les mots » sur le rôle de la littérature vendredi 12 février à 18h. Et saluons la présence dans la table ronde « Alpinistes de Staline » le 13 février à 16h30 du journaliste Pierre Gachant, ancien correspondant à Moscou de l’AFP et… ancien élève de notre Centre!

Renseignements et inscription sur le site

Dina Rubina en direct live le 12 janvier 2021.

Nous vous avions parlé fin 2019 de cette grande dame de la littérature russophone contemporaine, Dina Rubina, à l’occasion de la sortie en français de son premier roman Du côté ensoleillé de la rue. Son éditeur français Macha Publishing publie maintenant la traduction française d’un autre roman de Dina Rubina, Le syndrome de Petrouchka.

Pour accompagner cette sortie, Dina Rubina, accompagnée du traducteur Yves Gauthier, tiendra une visioconférence en direct le mardi 12 janvier 2021 de 20h à 21h sur le site spécialisé 1endroitoualler.com

De quoi occuper agréablement une soirée de couvre-feu en découvrant cette nouvelle voix de la littérature russe.

Livres et films russes aux Editions Borealia (boutique + site)

Noël approche à grands pas et vous n’avez pas d’idées de cadeaux originales? Nous avons la solution! BOREALIA, éditeur indépendant (on vous en a parlé l’année dernière ICI), a les atouts pour vous séduire.

Fondées par Emilie Maj, spécialiste des littératures du Nord et en particulier des Yakoutes chez qui elle a passé 5 ans, les Editions Borealia traduisent et publient des auteurs du grand Nord (russophones, mais pas que) ainsi que des livres pour enfants. Ci-dessous un bref aperçu des nouveautés que vous pourrez trouver sur leur site ou directement dans leur boutique parisienne (33 rue de la Villette 75019 PARIS) qui a juste rouvert, même les dimanches jusqu’au 24 décembre.

Radio Nord, roman de Danilas Lensky. Lui-même présentateur à la radio STV de Yakutsk dans l’Extrême-Orient russe, il met ici en scène DJ Bob, aka Toporkov dans le civil, un gars bien mais qui n’aime pas trop les histoires de famille. Un jour, Miléna, une petite de neuf ans délaissée par sa maman entre dans sa vie. Toporkov a beau ne pas savoir s’occuper d’une petite fille, il va pourtant essayer de faire de son mieux…

Arthur Hugonnot, traductrice de Radio Nord, sera ce dimanche 6 décembre 2020 à 11h à la boutique Borealia (33 rue de la Villette, 75019) pour parler du livre et vous le dédicacer. Un événement que vous pouvez aussi suivre sur Zoom: ID de réunion : 910 3102 8528 et Code secret : FBu2g

Ce livre est d’ailleurs inclus dans un coffret cadeau Yakoutie avec en plus un recueil-anthologie des écrivains yakoutes du XXe siècle sous le signe de la forêt boréale et des esprits et de la papeterie aux motifs yakoutes.

Borealia aussi la sortie de 4 nouveaux films, disponibles sur des clefs USB (DVD sur demande) dans une superbe qualité. Il s’agit de 4 films distribués par Borealia films : Enfances nomades et La Naissance du bouddhisme de Christophe Boula, Criminel du réalisateur russe Victor Dement, et Petite Forêt, un film de la réalisatrice Yim Soon-rye sorti en salle en juillet dernier.

Pour les enfants, signalons en plus de la collection des Petit Renne… l’arrivée d’une nouvelle héroïne, la pouliche Airelle qui découvre la taïga et ses habitants dans Airelle et les champignons.

Tous les détails sur le site (et boutique en ligne) borealia.eu ou directement à la boutique parisienne (33 rue de la Villette, 75019).

« Michel Ange » d’Andreï Konchalovski

Sortir au cinéma ne vous fait pas peur? Alors laissez-nous vous recommander le dernier film d’Andreï Konchalovski, Michel Ange (Il peccato) sorti ce mercredi 21 octobre 2020 sur les écrans français. Nous ne l’avons pas encore vu, mais toute la critique salue un portrait magistral (et sans concessions sur ses défauts) du génie artistique de la Renaissance. Scénariste et réaliste prolixe, ayant travaillé aussi bien en URSS qu’en Amérique et à nouveau en Russie, Andreï Konchalovski continue ainsi son riche parcours cinématographique malgré ses 83 ans.